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Née en 1984 à Tromsø, dans le grand nord norvégien, Sigrid Voll grandit entourée d’une nature à la démesure intimidante : fjords gelés, aurores boréales, nuits polaires qui durent des semaines. C’est son père, guide de randonnée, qui lui offre son premier appareil photo à l’âge de 14 ans, non pas pour photographier, mais pour « apprendre à regarder avant de marcher ».
Elle part à 19 ans étudier la photographie à l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels de Bergen, où elle se distingue par son rejet précoce de la couleur. « La couleur raconte ce que l’on voit. Le noir et blanc raconte ce que l’on ressent », dit-elle à l’époque.
Après son diplôme, elle passe deux ans comme assistante du photographe documentaire Lars Eriksen à Oslo, puis commence à exposer seule dès 2010. Sa première œuvre, un avion capté dans le ciel depuis le milieu d’une forêt lui vaut une reconnaissance immédiate dans les milieux de la photographie.
Sigrid Voll photographie l’improbable rencontre entre deux temporalités.
D’un côté, l’éternité comme une montagne, un océan, un ciel qui n’a pas changé depuis des millénaires.
De l’autre, l’éclair comme un surfeur, un skieur, une voiture sur un pont, un avion qui fend les nuages.
Ce sont ces collisions fugaces qu’elle traque, souvent seule, pendant des heures, par tous les temps.
Son style est immédiatement reconnaissable : des contrastes radicaux, presque sans demi-teintes, des silhouettes anonymes réduites à leur plus simple expression graphique, et une composition rigoureuse héritée de sa fascination pour le mouvement romantique pictural.
Pour elle, « la nature n’est pas un décor, c’est un personnage.”
Pour Sigrid Voll, la photographie n’est pas une capture, c’est une confrontation. « Je ne photographie pas des sportifs ou des paysages. Je photographie ce qui se passe dans la fraction de seconde où un être humain réalise qu’il est infiniment petit et continue quand même », explique-t-elle.
Cette tension entre la fragilité humaine et la permanence du monde naturel est le moteur de toute son œuvre. Le noir et blanc n’est pas pour elle un choix esthétique mais une nécessité philosophique.
Supprimer la couleur, c’est supprimer le superficiel pour ne garder que l’essentiel : la lumière, le mouvement, la force. Ses images ne cherchent pas à être belles. Elles cherchent à être vraies.
Chaque tableau raconte une histoire. Laquelle résonnera avec la vôtre ?















